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L’identité guadeloupéenne en danger ?
Par Danik I. Zandwonis de Caribceéole.com
Le Syndicat Général de l’Education en Guadeloupe(SGEG) devenu depuis SPEG s’est férocement battu dans les années 8O contre « l’arrivée de titulaires français », dans l’éducation en Guadeloupe.
Le SGEG souhaitait en effet que la priorité soit accordée aux enseignants guadeloupéens. Cette revendication, qui fut dénoncée par certains, répondait a deux impératifs. D’abord permettre aux diplômés guadeloupéens de pouvoir vivre et en travailler dans leur pays, mais aussi éviter des « chocs » culturels surtout dans les classes élémentaires. Il es t plus qu’évident qu’en dépit de sa bonne volonté, de sa pédagogie, une institutrice Blanc-France originaire , aura toutes les difficultés du monde pour comprendre la psychologie de l’enfant guadeloupéen, dont l’univers et la langue première sont créoles .
Cette position radicale et maximaliste du SGEG fut l’occasion de nombreuses grèves et de batailles syndicales qui finirent par payer. Les Recteurs de l’Académie furent obligés ? bon gré malgré- dans le recrutement des enseignants de tenir compte de cette réalité.
Le SGEG qui dès sa création (1976) se battit pour l’enseignement du créole à l’école, et « on lékol mawon » obtint là aussi quelques succès. Historiquement les deux premiers profs de créole, Sylviane Telchid et Hector Poullet, étaient des militants du SGEG. Malgré l’hostilité des autres syndicats pro français, et des associations de parents d’élèves , Telchid et Poullet , résistèrent. Les travaux et publications universitaires du GEREC confortèrent ce travail .Quand Bertème Juminer, un créolophone , fut nommé Recteur de l’Académie, il soutint tant qu’il put le GEREC et les actions du SGEG.
Aujourd’hui la question n’est toujours résolue. Certains politiques ont parfois élevé la voix pour réclamer qu’à « compétences égales » un guadeloupéen natif soit recruté avant un « blanc-france ».
Ce n’est pas toujours le cas dans l’administration qui demeure coloniale, en dépit des apparences : les meilleurs postes sont encore attribués aux « blancs-France ». Dans le privé, les chefs d’entreprises français qui s’installent en Guadeloupe, arrivent souvent avec leurs cadres. La préférence guadeloupéenne ne joue pas. C’est une revendication légitime, qui n’a rien à voir avec du racisme. L’identité guadeloupéenne est une réalité, elle doit être préservée dans toutes ses dimensions, sinon, notre peuple est condamné à la disparition, au génocide silencieux.
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