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bwabandé

vendredi 29 aout 2008, à 13:12

JAK SWART-BART 2eme ALBUM

Pointe-à-Pitre, Mercredi 28 août 08 (CaribCreole.com) : presque deux ans jour pour jour après « Sonné Ka la », Jacques Swart-Bart, (JSB) le « jazzman » guadeloupéen, sort la semaine prochaine, son deuxième opus « Abyss ». Un mélange hybride de néo-Jazz et de rythmes guadeloupéens. De l’exotisme made in New-York ? Cette fois, le saxophoniste s’est laissé aller à son inclination naturel : le jazz. Rien de vraiment surprenant, car JSB a l’âme d’un jazzman, mais de la diaspora. Sa démarche pourrait rappeler celle de tous ses musicos, qui bien que n’étant pas africains-américains natifs, plonge avec appétit dans le jazz des « brothers ». Longtemps avant lui, le guitariste guadeloupéen, André Conduant, qui lui aussi a fréquenté des jazzmen, s’est laissé griser et « distraire » par le jazz. Le pianiste sud-africain, Dollar Brand (Abdullah Ibrahim), a connu une démarche similaire. Il faut donc juger du travail de JSB, à l’aune de ce jazz diasporéen. Vu sous cet angle, « Abyss » (Profondeur) n’est ni plus ni moins que du jazz « exotique », parce que JSB est malgré lui extérieur au jazz. Mais JSB n’arrive pas les mains vides. Dès son premier CD (sonné ka la), il avait tenu à marquer sa différence et son exotisme en tentant le « métissage » du jazz et des rythmes de son île. Cette fois, malgré la présence d’un des derniers géants du KA, Guy Konket qu’on entend dans « an ba pyé mango la » et de deux talentueux percus guadeloupéens Sonny Troupé, et Olivier Juste, JSB est cette fois plus jazzy que nature. « Abyss », sans doute le parti pris de JSB, est une ?uvre hybride qui plaira à tous ceux qui kiffent ce jazz des non-américains. Mais attention, ce jazz exotique est dans l’air du temps. Au moment ou JSB semble vouloir faire un parcours initiatique jazzistique, deux musiciens africains-américains, David Murray et Kenny Garret font avec modestie leur apprentissage du gwo ka. Christian Laviso, l’excellent maître guitariste qui a sorti lui aussi son deuxième CD, « Ti moun a Lafrik » valorise d’avantage sa musique native. Reste à savoir si JSB arrivera à imposer ce jazz « exotique », à la fois à New-York et ce « gwo ka revisité » en Guadeloupe ? Rien n’est encore sur. JSB n’est qu’a son deuxième opus, mais il a de la chance, car le jazz américain n’a rien produit de vraiment neuf depuis des années. Miles Davis est bien mort et il a emporté avec lui sa puissance créatrice et son envie de toujours tout bouleverser. Flashback, quand il était venu en Guadeloupe, il avait été « soulevé » à la fois par le léwoz et par le zouk ! Il nous avait dit vouloir intégrer ces musiques dans sa musique. Il n’en a pas eu le temps. JSB n’est pas Miles Davis, peut-être qu’au fil du temps il arrivera à mieux doser son alchimie et à trouver « the good way ». Parfois dit-on, il faut plusieurs fois revenir sur le métier. La route est encore longue, JSB n’a que quarante ans et beaucoup de talent. On attendra donc la suite « d’Abyss », an ba pyé mango?la ! « Abyss » (distribution Sony-Universal) - 12 titres - enregistré en Fevrier 08, sortie prévue à Paris le 8 septembre. JSB sera en Guadeloupe en septembe pour la promo de son CD puis invité au Festival de Jazz de Pointe-à-Pitre en Décembre.

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