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La communauté antillaise et guyanaise s’associe à l’immense joie de millions d’hommes et
de femmes devant l’accession de Barack OBAMA à la tête des USA. Il s’agit d’un événement historique,
car c’est, depuis la création des États-Unis, la première fois qu’un « non-blanc » accède à de telles
responsabilités.
Certes, OBAMA appliquera, sur le plan économique, politique et militaire, le programme des
démocrates américains, celui qu’aurait probablement appliqué Hilary CLINTON. Mais, dans ce pays
qui, il y a moins de 50 ans, pratiquait le lynchage et la ségrégation envers les descendants d’esclaves,
cette élection marque une évolution considérable dans les mentalités de la majorité des citoyens de
ce pays, toutes couleurs de peau confondues.
Cette élection est avant tout l’expression d’une révolution chez les Américains d’origine
européenne, descendants d’esclavagistes qui il y a encore quelques années considéraient les descendants
d’esclaves comme des êtres inférieurs. Même si OBAMA ne porte pas en lui le ressentiment des
Afro-Américains, même s’il est métis et qu’il n’a pas été élevé par son père kenyan, mais par les
parents de sa mère Euro-Américaine, il est catalogué du fait de son phénotype comme « noir » et
est assimilé aux Afro-Américains.
Cette élection est aussi une révolution chez les Américains descendants d’esclaves, qui
n’avaient aucune confiance dans cette société et qui ne participaient pas à la vie citoyenne malgré
l’existence d’une bourgeoisie « noire » ayant accédé à des postes de pouvoir politique et économique.
Les Afro-Américains ont contribué largement à l’élection de Barack OBAMA (ils ont voté pour
lui à 90%). Ils croient en OBAMA. Son avenir politique est en partie lié à l’amélioration de leur situation.
Nous espérons qu’ils ne vivront plus le mépris et le racisme des autorités américaines comme
ce fut le cas récemment encore lors du cyclone Katrina. Nous espérons que leur condition familiale
(famille matrifocale, jeunesse dans la drogue et dans les prisons) et que leur condition économique
s’amélioront. Barack OBAMA n’est pas un magicien, mais son élection crée des conditions politiques
favorables à l’amélioration du sort des millions d’Afro-Américains qui vivent aujourd’hui dans la
misère. Mais ce, à condition qu’ils se prennent en main?
Nous, Français descendants d’esclaves, partageons l’espoir de nos frères américains. Nous
avons vécu avec eux les combats de Rosa Park, de Martin Luther King, de Malcom X, de Tommie
Smith, d’Angela Davis? et de combien d’autres plus anonymes. Malgré notre réalité profondément
différente (il n’y a pas eu d’esclavage (de ce fait) ni apartheid en France continentale et nous sommes
devenus citoyens français à l’abolition), nous comprenons leur souffrance, car la blessure narcissique
liée à l’esclavage colonial nous est commune, car constitutive de notre identité.
Dans ce monde où le racisme antinègre est encore bien ancré dans de nombreux pays -
racisme lié en grande partie aux traites et à l’esclavage des nègres, qu’ils aient été arabo-musulmans
ou européens, l’élection de Barack OBAMA était à première vue impossible.
Un « non-Blanc» à la Maison Blanche, c’est sans aucun doute tout un symbole pour tous
ceux qui comme nous se battent pour faire reculer le racisme, la disqualification de l’Homme par
l’Homme du fait de son apparence physique et de son identité.
Résolument optimistes, nous espérons que cette victoire d’OBAMA aidera les peuples des
autres continents à combattre toutes les formes de discriminations.
Contact : Laurence Mauray ? Chargée de communication du CM98
Tel : 06 14 88 80 38 - E-mail : communication@cm98.org
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