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Nouvelle pièce au dossier de la guerre des prix de l’essence qui dure en Guyane depuis près d’une semaine. Dans un communiqué de presse diffusé en début de soirée (à Paris) le Ministre des colonies annonce l’arrivée d’une « mission d’études » et de « vérité » des prix.
Bien qu’ayant affirmé que l’état ne percevait aucune « taxe » sur les carburants, le locataire de la rue Oudinot a annoncé qu’une baisse de tarifs, de I0 centimes interviendrait dès le Ier décembre.
Est-ce suffisant pour calmer la colère du peuple guyanais qui occupe la rue ? Rien n’est moins sûr car il faut rappeler que les manifestants réclament et exigent une baisse de 50 centimes.
Odile Frejat (Directrice de Blada.com) que Caribcreole a interrogé, confirme
que « les barrages routiers sont maintenus ». La situation est donc toujours très tendue sur l’ensemble de la Guyane. Dans la soirée de jeudi, la chaine gouvernementale de télévision RFO a diffusé une « émission spéciale » qui visiblement n’a rien apporté. Dans la journée de vendredi, une nouvelle rencontre devrait avoir lieu. Par visio conférence, autorités françaises et comités de consommateurs devraient pouvoir essayer de dialoguer.
Sur le terrain, la population soutient un mouvement qui demeure populaire, en dépit de quelques dérapages la nuit dernière. Il faut souligner que ce mouvement est parti de la base, c’est à dire du ras-le-bol des consommateurs. C’est le CHK (Comité des Habitants de Kourou) qui avait dès lundi appelé à une manifestation. Depuis les politiques et des organisations syndicales telles que l’Union des Travailleurs Guyanais (UTG) se sont manifestées aux côtés des consommateurs. On a eu un moment le sentiment que le mouvement échappait aux comités de là-bas. Ainsi Jeudi matin, le CHK, dans un communiqué, annonçait qu’il se retirait du mouvement. Mais les choses sont rentrées dans l’ordre.
Comme nous le disions dans notre édition d’hier ; (caribcreole du 27 nov), la hausse des tarifs pétroliers et la colère suscitée, n’est que l’aspect visible d’un plus profond mécontentement? non seulement les 10 centimes de Jego ne suffisent pas mais ils risquent même d’être perçus comme une nouvelle provocation.
En Guadeloupe où le prix de l’essence n’a cessé de grimper, Victorin Lurel dès le 4 novembre, s’était étonné de l’opacité affichée de la Sara pour le calcul des prix. Le Président de la Région revient à la charge. Dans un communiqué intitulé « chiche », M. Lurel ne semble accorder aucun crédit aux déclarations, voulues apaisantes de Y. Jego. La mission d’inspections des prix qui est aussi attendue en Guadeloupe, ne semble pas être en mesure de régler les problèmes posés. Ce n’est d’ailleurs pas sa fonction . Il faudra attendre son rapport et de nouvelles discussions. Alors que dans les rues de Cayenne le temps presse. Une fois de plus, Jego prouve qu’il est à coté de la plaque, qu’il n’a qu’une vision lointaine et parisienne des problèmes posés. Sur ce point, il est dans le droit fil de ses prédécesseurs.
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