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sources : http://www.layeyese.com/default/commentairesnews.php?cat=Radios&idnews=509&read=509
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>Une naissance controversée
C'est après la première semaine de la rentrée de septembre 2007 que la radio naquît après avoir essuyé un orage médiatique mêlant désinformation, diffamation voire de la tromperie au grand damne de la population antillo-guyano-réunionnaise de la région parisienne.
A l'orchestration de la machinerie : la direction de Médiatropical. L'ancienne locatrice de la fréquence (cf. article paru sur notre site) n'ayant pas préparé comme il se doit l'éventuelle perte de son bail, s'est offert le "luxe", durant ses dernières semaines d'existence de marteler un message sous forme d’alerte à l’attention de la communauté antillaise.
Les raisons invoquées présentaient cette perte comme une accaparement du seul média de la communauté domienne par les autorités ; allant même sur le terrain de l'attaque raciste. A croire qu'Espace FM n'ait jamais existé et pis, que les autres projets de reprise de la fréquence ne soient pas dans leur majorité issus de Domiens !
La palme du ridicule étant décernée à cet appel au don pour sauver la station alors même que son destin était scellé. Pour beaucoup, la manoeuvre semblait servir à éponger la dette pharaonique de Médiatropical.
Bref, l’énergie dépensée ainsi par Médiatropical aurait pu lui permettre de poursuivre son aventure, certes sur une autre fréquence, mais avec la certitude de conserver son fidèle auditoire qui, selon nos derniers sondages, ne semble pas être conquis par l’offre de Tropiques FM.
Trop d’ouverture, traitement de l'information pas assez orienté Dom-Tom : le clivage des générations plus perceptible
L'arrivée de Tropiques FM a permis de dégager deux catégories d'auditeurs. D'une part ceux arrivés en métropole avant les années 90 et pour qui la radio est le seul moyen de se tenir informés des nouvelles régionales. Et d'autre part, les récentes générations plus aguerries dans l'utilisation des médias alternatifs tels que l'Internet et pour lesquelles il importe plus de se tenir à jour musicalement, quitte à ne pas vivre au quotidien l'information régionale.
Les premiers (les plus âgés et défenseurs de Médiatropical) regrettent que la couverture des informations régionales ne soit faite que le matin. Habitués à prendre le pouls de l’ambiance « lokal » le soir en rentrant du boulot, ils considèrent que ne leur est servi à la matinale que le résumé des titres de la veille. « Ce sont les mêmes infos de France O qu’ils nous redonnent le matin ». Cela étant d’autant plus vrai que c’est la rédaction de RFO Paris qui assure la couverture. Toutefois, ils reconnaissent l’originalité des focus sur les Antillais vivant en métropole tels que Tropiques Entreprises.
Les seconds (ceux baignant dans l’ère numérique) reconnaissent qu’avant l'avènement des webradios, 9 mois d'écoute de Médiatropical suffisaient à tout étudiant antillais débarquant en Métropole pour être en total décalage avec l’actualité musicale des Antilles. Certains ont même avancé qu’ils avaient l’impression d’avoir passer une vie entière hors de leur île ! « Sur Média, on n’écoutait que les sessions de mix’ du vendredi soir. Maintenant sur Tropiques FM, il faut moins d’une heure pour entendre une nouveauté. ».
Pour autant, ils ne semblent pas totalement conquis par les programmes proposés par l'équipe de Claudy Siar. "Même si je n'étais pas fan de l'ambiance "bal gran moun" digne des thés dansant qui officiait en permanence sur Médiatropical, je trouve qu'il manque un brin d'authenticité à la tonalité donnée sur Tropiques ! Pas une fois, je n'ai entendu les animateurs s'exprimer en créole !", nous confiait une auditrice du Nord Ouest parisien.
C'est sur ce terrain que les deux « clans » se rejoignent. Même s'ils apprécient l'ouverture, tous s’accordent à dire qu’en tentant de rassembler les populations noires autour d’une seule radio, Tropiques FM ne fait plus du 92.6 la fréquence des Domiens ; si ce n’est des seuls Antillais ! "La fréquence perd de son âme enjouée notamment le matin où on aimerait plus entendre s'exprimer nos compatriotes pour avoir du punch face à la grisaille." Ils déplorent que le seul outil médiatique leur permettant de garder le contact avec leurs racines perde de son identité en s'ouvrant aux musiques venues d'ailleurs."Je n'ai rien contre les musiques africaines que tente de nous faire découvrir Claudy Siar, mais Africa n°1 fait déjà bien son boulot ! J'aimerais en me branchant sur le 92.6 me retrouver projetée 7 000 km de l'autre côté de l'Atlantique." nous lançait cette quinquagénaire de Villejuif.
Manque de légèreté et pourtant l'audience est prometteuse
Trop BCBG, le créole à peine audible sauf dans l'annonce des titres : telles sont là les remarques les plus couramment exprimées et qui font croire à certains que l'auditoire visé est celui très cintré des intellectuels et que la légèreté nécessaire à une fin de journée de travail fait défaut. La faute sans doute à des sujets parfois trop pointus, frisant le bac de philosophie comme une fois au cours de l'émission de 17h30 ? 18h30. L’heure et demie de musique presque non-stop qui suit décourage sans doute certains au profit du 19-20 de France 3. Ce créneau étant pourtant l’heure de pointe en radio. Le talk show (déjà à succès) de Kareen Guiok (l'unique voix féminine de Turbo sur M6) semble mieux se prêter à la tranche débutant à 19h, même si les "anciens" aimeraient plus d'infos des îles.
Paradoxalement à ces énumérations somme toutefois négatives, l'audience est assez forte pour une première expérience radiophonique. Près de 126 000 franciliens écoutent quotidiennement la station, la plaçant au premier rang des radios communautaires d'Ile-de-France. Elle est tout de même talonnée de près par Afrika n°1, dont la tonicité matinale fait plaisir à entendre, et par Latina dont la programmation musicale fait chaque jour un peu plus d'adeptes parmi le public antillais. Hors statistiques, Espace FM fait aussi de nouveaux émules. Méfiance donc !
Seuls les chiffres du premier trimestre 2008 permettront véritablement de savoir si Tropiques FM n'a pas profité d'un double effet d'entraînement résultant du tapage fait autour de la disparition de Médiatropical et du fait que pour beaucoup d’auditeurs, il n’existe qu’une seule fréquence pour les Domiens d'Ile-de-France. Que l'avenir lui soit faste !
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