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8/12/2011

Guadeloupe

Régis Maréchaux, Une première vie sur le vélo

Chouchou du public guadeloupéen avant l’éclosion des Boris Carène ou Joann Ruffine, Régis Maréchaux a disputé sa dernière course samedi lors de la Coupe Frédéric-Jalton. Une épreuve qu’il a remportée pour fêter sa fin de carrière. « Réré » , qui n’a cependant jamais remporté le Tour de Guadeloupe, restera dans les mémoires comme l’un des plus beaux coureurs du peloton des vingt dernières années.

PORTRAIT. La rumeur a couru puis la nouvelle s’est propagée. Régis Maréchaux, le pensionnaire de l’UVN, a posé le pied à terre samedi, à l’issue de la Coupe Frédéric-Jalton, pour de bon. Depuis lundi, son téléphone n’arrête pas de sonner. « Tout le monde m’appelle pour savoir pourquoi j’arrête » lâche-t-il. Certains le contactent aussi pour savoir s’il pourrait... reprendre, si sa décision est irrévocable. S’il va.... vendre son vélo. Une « machine » qui représente près de 30 ans de passion. Regis Maréchaux a donné sa première vie à ce sport. Dans la famille des Maréchaux, il est de tradition de pratiquer le vélo dès le plus jeune âge. A 5 ans, l’Ansois reçoit son premier deux roues. « J’ai reçu un bicross et je sentais déjà que je voulais faire du cyclisme car mon père pratiquait. J’ai enlevé les pédales et j’ai mis des cale-pieds. Puis, j’ai commencé les courses. »

Après s’être un temps essayé au football « pour faire comme les copains » , Régis se tourne vers le cyclisme dans sa commune natale, Anse-Bertrand, à l’UVN sous la houlette de Jean-Claude Nustuguo. Il y restera des années avant de rejoindre le club de Basse-Terre où il s’entraîne avec Pierre André. Il devient en 1998, vice-champion des petits pays, et prend la quatrième place du Tour de la Guadeloupe.

« ON M’A FAIT COMPRENDRE QU’IL FALLAIT QUE JE ME DOPE »

Régis Maréchaux amasse les succès, il est repéré de l’autre côté de l’Atlantique. A 21 ans, il s’envole pour Paris, direction le club d’Aubervilliers avec lequel il va courir pendant deux ans. Il rejoint ensuite le Scho Dijon pour une durée d’un an. Mais il ne parvient pas à percer. « Ça n’a pas marché car je suis parti trop tard, estime-t-il. Ronny (Martias) et Yohan (Gène) sont partis au bon moment, à 16 ans. A ce moment-là, le dopage était fort en France avec l’affaire Festina. J’ai découvert comment ça marchait. On m’a fait comprendre qu’il fallait que je me dope, on m’a dit qu’il fallait que je fasse des sacrifices. »

L’aventure métropolitaine ne durera pas plus longtemps. Il rentre en Guadeloupe pour commencer sa vie professionnelle. Son sponsor de l’époque lui propose un contrat dans la société. « J’y ai travaillé pendant un an. J’ai effectué 6 mois de formation et j’ai travaillé seul sur le terrain pendant 6 mois, raconte-t-il. Mais l’entreprise a connu un changement de président. Et finalement, mon contrat et ceux de Philippe (Palmiste) n’ont pas été reconduits. » Retour à la case départ en 2002. Mais cette saison-là est fructueuse pour « Réré » . « J’ai gagné quasiment toutes les grandes compétitions en Guadeloupe » rappelle celui qui termine deuxième du Tour de la Martinique à 18 secondes du leader. « J’étais maillot jaune l’avant veille et on m’a fait tomber » se souvient, avec regret, Régis Maréchaux.

2003, L’ANNÉE QUI A CHANGÉ SA VIE

Toujours au top, le coureur enchaîne les victoires : champion des DOM, champion du Grand prix du conseil général. Ce dernier titre lui permet de rentrer au sein de l’institution. « J’ai été à la disposition du Crosgua pendant trois ans pour un projet de musée du sport » relève-t-il. Ce dernier ne verra malheureusement pas le jour... Qu’à cela ne tienne, après plusieurs formations, il devient agent du patrimoine au musée d’histoire Edgar Clerc, au Moule. Sa vie active prend forme... En 2005, il remporte une victoire d’étape sur le Tour de la Guadeloupe, sans toutefois, le remporter. « Je n’ai jamais pensé qu’on pouvait gagner le Tour, remarque-t-il. Il faut une équipe avec six coureurs. Et puis quand tu vises le haut du classement, tu ne trouves pas de bon de sortie. » En 2007, il est victime d’une chute sur le Tour de la Martinique qui lui vaudra une fracture de la mâchoire. « C’était le 13 ou le 14 juillet, peine-t-il à se souvenir. Un Colombien a attaqué, j’ai réagi pour aller le chercher. Il a freiné et je l’ai percuté et je suis passé par l’avant. » De cette course, il gardera quelques séquelles. Il ne remettra plus les pieds sur le Tour de la Martinique. Mais surtout, depuis il doit changer son alimentation. « Car, je ne peux plus manger de choses dures, comme de la canne à sucre. Ma mâchoire n’est plus aussi solide qu’avant » confie-t-il. Sa tête l’est sans doute beaucoup plus après avoir passé trois décennies sur un vélo toute l’année. Désormais, une autre période commence pour Régis. Celle d’un homme qui restera un des grands cyclistes des années 1990 et 2000 du département.

1. LA GUADELOUPE APRÈS LA FRANCE

En 2001, Régis Maréchaux, après une courte aventure en France, sillonne de nouveau les routes de Guadeloupe. Il commencera réellement à gagner l’année suivante.

2. UN TOUR 2010 GRAND CRU

Une décennie sépare Joann Ruffine (à gauche) de Régis Maréchaux (à droite) sur le Tour de la Guadeloupe 2010. « Réré » réussit une superbe performance en portant le maillot jaune plusieurs jours. Il prendra la 14e place au général. 3 ET 4. UN MAILLON FORT DE LA SÉLECTION DE GUADELOUPE Le chouchou du public a également porté le maillot de la sélection de la Guadeloupe, dont il a longtemps été un fer de tance. Et ce, même s’il n’a jamais participé au Tour de Guyane.

5. DES SUCCÈS MAIS PAS SUR LE TOUR...

Plus de 160 succès au compteur pour l’Ansois (ici au Grand prix du conseil général). Beaucoup de victoires d’étape mais pas de consécration finale sur te Tour de la Guadeloupe.

6. UNE BOLJCLE BOUCLÉE À L’UVN

Après avoir endossé les maillots, entre autres, du Lynx Optique, de France Télécom, de la Digicel/JCA et de la Pédale du Centre, Régis a bouclé la boucle sous sa tunique de coeur, celle de l’UVN.

7.UN MINOT QUI APPRENDRA VITE

7. Harry Chelamie, « The Voice » sur le Tour de Guadeloupe, interview Régis Maréchaux, le visage poupon. Il apprendra très vite avec le Lynx....

8. UN CHAMPION TOUTE CATÉGORIES !

8. C’est un geste auquel il a été habitué. Enfiler le maillot de champion de Guadeloupe... Fait assez rare pour être signalé, il a été sacré dans toutes les catégories d’âge, des minimes aux seniors. La dernière fois en 2010 à Lasserre/Morne-à-l’Eau.

9. MÂCHOIRE FRACTURÉE, SÉQUELLES À VIE...

Sans doute son pire souvenir de sa carrière. En 2007, le coureur est victime d’une terrible chute sur le Tour de Martinique. Courageux, il s’en relèvera, non sans quelques séquelles...

Source : FranceAntilles



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