En 2040, la pollution plastique dans les océans pourrait tripler et dépasser le nombre de poissons

Publiée dans la revue Science, une étude menée par 17 scientifiques et chercheurs a démontré que si aucune action n'était menée, la pollution plastique dans les océans pourrait tripler d'ici 2040.

18 août 2020 à 9h19 par Arnaud Joly

Crédit : Shutterstock

L’étude « Breaking the Plastic Wave » a élaboré plusieurs scénarios afin d’analyser l’évolution de la pollution plastique dans les océans durant les prochaines années.


Selon les chercheurs, le taux de déchets plastiques dans l'eau pourrait augmenter de 11 millions à 29 millions de tonnes en seulement 20 ans.


600 millions de tonnes de plastique dans l’océan


Si aucune mesure n’est prise, 600 millions de tonnes de plastique se déverseront dans les océans d’ici 2040, ce qui équivaut au poids de trois millions de baleines bleues. Avec 50 kg par mètre carré sur les côtes, ces déchets plastiques pourraient devenir plus nombreux que les poissons.


Selon les chercheurs, au moins 700 espèces marines ingèrent du macro plastique. Cette pollution entraîne des dégâts importants pour la faune et la flore, dont la population humaine.


« La pollution plastique est un problème qui touche tout le monde. Dans certains endroits, les déchets encombrent les cours d’eau et provoquent des inondations. Dans d’autres, ils s’échouent sur les plages et les gens ne peuvent pas profiter de leurs vacances. Dans certaines communautés, cela affecte la pêche. Cela a des répercussions très larges sur la société », affirme Innie Lau, co-autrice de l’étude.


Des solutions pour réduire la pollution de 78%


Dans leur étude, les scientifiques donnent huit solutions pour éviter que la situation ne s’aggrave. Si elles étaient prises en compte, elles permettraient de réduire les émissions de déchets plastiques de 78%.


Les mesures concernent la réduction de la production de nouveaux plastiques, l’utilisation de matériaux alternatifs recyclables, la réutilisation de contenants ainsi que l’amélioration des systèmes de collecte de déchets et des méthodes de recyclage.


« Une action immédiate et coordonnée pourrait inverser la tendance actuelle en matière de pollution de l’environnement par le plastique », est-il mentionné dans l’étude.


Actuellement, même si les entreprises tenaient leurs engagements, la pollution plastique dans les océans ne réduirait que de 7% d’ici 2040. Selon les scientifiques, le constat est clair : il faut des mesures radicales pour améliorer la situation.


« Soit les raffineries changent leurs plans, soit nous devons reconnaître qu’il n’y a aucun moyen de se sortir d’une pollution accrue des océans », conclut Martin Stuchtey, qui a participé au développement de l’étude.