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En un demi-siècle, l’activité humaine a provoqué la disparition de 68% des animaux sauvages

12 septembre 2020 à 12h00 Par Arnaud Joly
En un demi-siècle, la main de l’homme aurait provoqué la disparition de près de 70% des animaux sauvages.

C’est un terrible constat mais qui ne surprendra personne !

Plus des deux-tiers des animaux sauvages peuplant la planète ont disparu de la surface du globe en moins de 50 ans, du fait de l’activité humaine annonce ce jeudi le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans un rapport édifiant baptisé « Planète vivante ».

Dans ce dernier, l’ONG confirme ainsi la disparition de 68 % de la faune sauvage en raison principalement de la destruction de l’habitat naturel des espèces, au profit de l’agriculture intensive.

Pour rappel, dans le précédent rapport datant de 2018, le chiffre était de 60 %.

« Nous assistons à la destruction de la nature par l’humanité »

Cette tendance, prévient le WWF, risque d’accélérer les nouvelles pandémies comme celle que l’on connaît actuellement avec la crise sanitaire du Covid-19, car elle engendrera de facto des cohabitations forcées entre les hommes et les animaux, favorisant ainsi la transmission des virus inter-espèces.

« Depuis 30 ans nous voyons la chute s’accélérer et ça continue dans la mauvaise direction », déplore Marco Lambertini, directeur mondial du WWF, qui n’y va pas par quatre chemins. Selon lui, « nous assistons à la destruction de la nature par l’humanité », ce qui est « de fait, un écocide ».

Un anéantissement de masse « à la vitesse de l’éclair par rapport aux millions d‘années depuis lesquelles de nombreuses espèces vivent sur cette planète ».

« Tous les voyants de notre planète sont au rouge avec le message : échec système », surenchérit Marco Lambertini qui ne se montre guère optimiste.

Le rapport du WWF explique que depuis 50 ans, « notre monde a été transformé par une explosion du commerce mondial, de la consommation et de la croissance de la population humaine ».

Des transformations qui ont eu, par le biais notamment de la déforestation, « un énorme coût sur la nature », sans oublier le réchauffement climatique dont les effets placent « jusqu’à 20 % des espèces sauvages en danger d’extinction d’ici la fin du siècle ».

Toutefois, une étude baptisée « Infléchir la courbe » - parue également ce jeudi dans la revue « Nature » - insiste sur le fait qu’il ne s’agit en aucun cas d’une fatalité et qu’il n’est pas encore trop tard pour agir.

Réalisés avec une quarantaine d’ONG et autres instituts de recherche, ces travaux exposent ainsi plusieurs scénarios possibles afin de préserver les écosystèmes à l’avenir, tout en réduisant l’impact de l’agriculture ou de la consommation.