Actualité

Endométriose : bientôt une prise en charge à 100 % ?

10 août 2020 à 15h00 Par Arnaud Joly
Image d'illustration
Crédit photo : Getty Images

Selon l’Agence de presse médicale, le gouvernement envisagerait de reconnaître l’endométriose comme Affection de longue durée (ALD). Si cela se confirmait, cette reconnaissance permettrait une meilleure prise en charge de la maladie.

La reconnaissance de l’endométriose comme Affection de longue durée (ALD) est réclamée depuis longtemps par les associations de femmes atteintes de cette maladie et selon une dépêche de l’Agence de presse médicale relayée par Numerama, le gouvernement les aurait entendues. Le 28 juillet, des dizaines de sénateurs et députés avaient adressé une lettre au ministre de Santé, Olivier Véran, afin d’appuyer la demande de l’association ENDOmind, pour la reconnaissance de l’endométriose parmi les trente maladies de longue durée. Le lendemain, Olivier Véran a annoncé au Sénat qu'il avait demandé à son ministère une évaluation de la maladie qui touche au moins une femme sur dix en âge de procréer. 

LA FIN D’UN POIDS ÉCONOMIQUE

L’endométriose est une maladie gynécologique complexe, souvent extrêmement douloureuse pour les femmes qui en souffrent. Elle peut avoir des répercussions significatives sur leur vie et conduire vers une infertilité, voir une invalidité. Dans la lettre ouverte adressée au ministre de la Santé, 80 % des femmes atteintes d’endométriose disent ressentir des limitations dans leurs tâches quotidiennes. 

En plus des douleurs que provoque l'endométriose, la mauvaise reconnaissance de celle-ci est un poids supplémentaire pour les 2 à 4 millions de femmes qui en souffrent en France. Malgré la multiplication des prises de paroles à propos de la maladie, les femmes atteintes d’endométriose passent en moyenne 7 ans à courir les IRM, échographie et cœlioscopie avant d’être diagnostiquées. A ce jour, aucun traitement n’est connu pour venir à bout de cette maladie. Pour soulager les douleurs, les patientes se tournent vers des traitements hormonaux ou des médecines alternatives (acupuncture, ostéopathie…). Un parcours de combattante, qui devient vite coûteux.  

Classer cette maladie chronique et invalidante dans la liste des Affections de longue durée lui donnerait une reconnaissance institutionnelle, mais surtout, permettrait de prendre en charge l’intégralité des frais de santé qui y sont liés. Si la procédure aboutissait, ce serait une victoire de taille pour les patientes.