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Le CHU de Guadeloupe peine à recruter les médecins dont il a besoin

08 octobre 2020 à 14h00 Par Arnaud Joly
174 postes sont à pourvoir, dans les établissements hospitaliers publics et privés de la Guadeloupe, de St-Martin et St-Barthélémy. Ils s’adressent aussi aux candidats hors union européenne, pour pallier le manque criant de médecins. Mais le CHUG, en particulier, n’attire pas les professionnels.

Sous-effectif des hôpitaux et cliniques locaux

Un campagne massive de recrutement est lancée, au profit des structures de santé publiques et privées de la Guadeloupe, de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. 174 postes, au total, sont ouverts à des praticiens hospitaliers.
Tout est parti de l'évaluation du déficit de médecins, en cernant et en priorisant les besoins.

« Ces ont été remontées au niveau du ministère et le Ministre de la santé a, donc, sorti l'arrêté le 18 septembre dernier, actant l'ouverture des 174 postes. » Patrice Rénia, directeur de la démographie et de l’accompagnement des professionnels de santé, à l’ARS.

Les 10 établissements publics du territoire, îles du Nord comprises, englobent 146 des postes ouverts. 22 autres seront octroyés à 4 cliniques privées. Enfin, les 6 derniers sont, eux, fléchés vers des centres de santé.
 

Le CHU peine à recruter

Pour uniquement le Centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe (CHUG), ce sont 68 postes qui sont ainsi mis en consultation. 

« Nous avons des postes de médecins vacants, que nous avons du mal à pourvoir, surtout dans certaines spécialités, telles que la radiologie, la radiothérapie, la neurologie, l'anesthésie, les médecins urgentistes. » Gérard Cotellon, directeur général du CHUG

Mais l'établissement souffre d'une très mauvaise image et du manque d'attractivité qui l'accompagne. Il peine à trouver preneur, pour ces emplois :
 « Ces postes restent vacants trop longtemps. On n'a pas de candidats dessus. C'est à dire que ces postes sont régulièrement publiés. Nous avons des intérimaires. Mais nous n'avons pas de titulaires, pour prendre ces postes. » Gérard Cotellon, directeur général du CHUG

Un triste constat, alors que la pression sur le CHU de la Guadeloupe est particulièrement forte, en ces temps de crise sanitaire. Le taux d'occupation, sur place, est très important. Un lit sur quatre est occupé par un patients Covid. Ce qui est énorme, selon le Docteur Bruno Jarrige, médecin anesthésiste-réanimateur au CHU de Pointe-à-Pitre/Les Abymes. Une situation qui lèse les autres personnes hospitalisées, ajoute-t-il.
 

Ouverture des postes aux médecins hors UE

Il convenait, donc, d'ouvrir le champ du recrutement.
Ainsi, particularité de taille, les professionnels de santé de nationalité et/ou de diplôme extra communautaire (hors Union Européenne) pourront postuler ; résultat du dispositif dérogatoire mis en place, chez nous, pour pallier au déficit criant de la démographie médicale. Le gouvernement en a accepté le principe. 
Reste désormais à trouver les profils qui répondront aux besoins, mais aussi aux critères locaux.

« Je sais que tout le monde a en tête le recrutement des médecins Cubains... mais après se pose le problème de la barrière de la langue. On veut des médecins qui soient opérationnels ! » Gérard Cotellon, directeur général du CHUG