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Une guadeloupéenne trouve une perle rose, extrêmement rare, en nettoyant du lambi

15 septembre 2020 à 11h24 Par Arnaud Joly
Crédit photo : Yasser Bracat

Alors qu’elle nettoyait du lambi, Jocelyne découvre une perle produite par le mollusque. La perle de lambi est très rare et recherchée par les joailliers du monde entier.

C'est un véritable joyau qu'a découvert Jocelyne, en nettoyant du lambi. Une perle rose... Une découverte très rare...

Une heureuse découverte

On devine aisément le sourire de Jocelyne, derrière son masque... Un sourire, après la surprise et l'étonnement... De trouver une perle rose, en nettoyant du lambi.

Et Jocelyne peut sourire, car c'est une femme chanceuse. Ce lambi acheté, il y a quelques mois, et congelé, recélait un vrai trésor. En effet, selon certains spécialistes, un lambi sur 10 000 produit une perle. Et un spécimen sur 100 000 en produit une de très grande qualité. Pour certains, la perle rose des Caraïbes, est considérée comme un joyau de la nature. Conséquence, les joailliers du monde entier rêvent d'avoir entre leurs mains, cette pierre. 
Chez nous, le lambi est apprécié pour sa chair. Peu savent qu'il peut produire un tel bijou.
Elle est d'ailleurs considérée comme la plus rare de toutes les perles commerciales. 
En 2016, à Marie-Galante, un couple de vacanciers avait également trouvé une perle en nettoyant du lambi. Pensant le mollusque impropre à la consommation, ils avaient envisagé de le jeter, avant d'être informés de la rareté de cette découverte, par des amis pêcheurs.

Jocelyne a, elle, choisi de conserver précieusement son trésor. 

La perle, une réaction de défense du mollusque

La perle naît d’une réaction de défense du mollusque contre un corps irritant qui s’est introduit dans sa coquille, des bactéries, de minuscules crustacés ou des vers. En réaction, le manteau du mollusque va sécréter cette même matière et en enrober l’intrus. Il se retrouve comme emprisonné dans une concrétion calcaire qui forme la perle proprement dite.
Si le mollusque est un mollusque nacrier, la matière sécrétée par le manteau est de la nacre et la perle sera donc une perle nacrée.
D'un rose éclatant, cette perle, produite par le lambi que l'on retrouve dans 38 pays de la Caraïbe, des Bermudes au nord, jusqu'au Brésil au sud, n'est pas une perle nacrée. Le lambi n'étant pas un mollusque nacrier. S’il produit une matière de composition identique à celle de la nacre, son aspect rappelle en revanche la porcelaine.

La perle rose de lambi, le trésor des Caraïbes

Mais cette perle a, par le passé, fait la fortune de pêcheurs, notamment. Son prix sur le marché se négocierait entre 250 € et 25 000 €, en fonction de sa qualité. Certaines perles ont même été négociées à des prix astronomiques, pour sa rareté mais aussi pour sa préciosité à l’état brut, atteignant parfois plus de 330 000 euros (pour une perle nue).

Les perles roses des Caraïbes rencontrent leur premier succès au XIXe siècle. Elles disparaissent peu à peu de la circulation, dans l'entre-deux-guerres, mais restent très prisées des professionnels de la joaillerie. C'est ensuite une archéologue et aventurière américaine, grande collectionneuse de perles roses des Caraïbes, qui remettent au goût du jour ces trésors, au début des années 2000.
Pourtant, la perle rose ne s’est jamais réellement démocratisée. Elle reste peu connue sur le marché français, notamment. Seules les grandes maisons joaillières les utilisent dans leurs collections mais elles restent des pièces uniques du fait de leur grande rareté. Des créations qui approchent le million de dollars.

Des scientifiques tentent depuis plusieurs années d'en produire en culture à partir de greffons. Un projet qui n'est pas encore totalement opérationnel.